Oui, je suis beau. Une beauté différente, mais combien précieuse.

Publié le Mis à jour le

Oui, je suis beau. Une beauté différente, mais combien précieuse.

« La beauté échappe aux modes passagères. »
de Robert Doisneau

Bien le bonjour tout le monde,

J’espère que tout se passe bien dans vos vies et que vous profitez de chaque instant qui s’offre à vous. Que vous soyez du Québec, de l’Europe francophone ou de l’Afrique, je souhaite que vous ayez du plaisir à parcourir ce blog qui porte sur trois thèmes spécifiques: la sexualité, le handicap et la diversité. La sexualité dans le sens le plus noble du terme, le handicap présenté comme une des nombreuses composantes de la personne, après tout nous avons tous et toutes nos propres limites tant physiques que psychologiques, et, enfin, la diversité de la société dans laquelle nous vivons. Une diversité qui enrichie nos existences et qui nous fait découvrir l’autre et… soi-même. Cet « autre » est aussi soi-même. En effet, qui d’entre nous peut se vanter de se connaître réellement? D’ailleurs, rappelons-nous que cette connaissance est un perpétuel travail.

Qui plus est! La diversité qui compose ladite société renferme des concepts, des normes, des valeurs et des règles ainsi que des critères au nombre presque sans limite. Ici, je désire développer sur les critères de la beauté dans ce présent article. « Pourquoi donc » me demanderez-vous? Primo, pour répondre aux commentaires de personnes qui jadis, et encore aujourd’hui, osèrent se moquer de ma situation physique laquelle, disons-le, ne correspond pas aux normes de perfection véhiculées dans les médias. Secundo, pour vous exposer ce qu’il y a de beau chez mon physique. Oui, il existe des parties de mon corps qui méritent de si attarder. C’est ce que je ferai en temps et lieu tout en expliquant les raisons. Tertio, expliquer en quoi, et surtout « pourquoi? », je trouve mon corps beau. Soyez rassurés-es! Bien des personnes trouvent ce corps « beau ». Beau, parce qu’il est unique en son genre. Beau, parce que son propriétaire en prend le plus grand soin. Beau, car un esprit sain l’habite depuis plus de cinquante ans et le bichonne quotidiennement.

Mon plus grand souhait est que vous aimez, vous aussi, votre corps et que vous pouvez en être fiers. Votre corps vous appartient et vous seuls pouvez décider librement  d’être heureux avec lui. Il est votre compagnon le plus fidèle. C’est à vous de l’aimer, de le choyer et de l’apprivoiser. Une petite mise-en-garde doit être soulignée. Il n’est pas question de développer un comportement narcissique puisque chaque personne a une expérience de vie qui lui est propre. On ne peut donc pas imposer à autrui ses principes et, encore moins, ses visions de la vie. Autrement dit, chacun d’entre nous a ses limites et il est primordial de les respecter. De plus, personne ne peut dicter à une autre sa ligne de conduite. C’est-là une prérogative à ne pas franchir. Vous agissez selon vos valeurs, comme moi j’agis selon mon code d’éthique. Par contre, il est permis de rechercher ce qui peut nous aider à cheminer vers la voie du bonheur. Un tel élément semble nous convenir mieux qu’un autre? Libre à nous de l’adopter. Bref, c’est à vous de décider ce qui vous convient pour vous accepter tel que vous êtes, ou encore, d’améliorer pour être ce que vous souhaitez être réellement.

Répondre aux commentaires de personnes qui jadis, et encore aujourd’hui, osèrent se moquer de ma situation physique laquelle, disons-le, ne correspond pas aux normes de perfection véhiculées dans les médias. Il est vrai que certaines caractéristiques physiques qui  composent mon corps peuvent paraître peu enviables: Pas de mains, pas de pieds, une absence de la langue et un menton bâtit à partir de mes côtes flottantes. Pourtant, j’ai la chance de marcher sans avoir de pieds, d’écrire sans avoir de mains, de parler et de goûter sans avoir de langue. Bref, d’être autonome. Mais, avant toute chose, mon corps me rappelle que je suis unique. Est-il utile de souligner que les plus grands spécialistes sur la Thalidomide ont reconnu qu’il n’y a aucune victime de ce médicament qui a subi une telle malformation liée à ce médicament. Et, pourtant, j’ai bel et bien été reconnu comme une victime de ce désastre pharmaceutique. Cette reconnaissance a même été publiée dans le prestigieux magazine médical « New England Medical Journal » au début des années 1970. Je suis aussi unique car je suis le seul au monde, à ce que les médecins m’ont affirmé, à pouvoir parler sans langue quoiqu’avec un léger accent. Je suis vrai car je ne cherche pas à montrer aux autres un faux bonheur. Je suis heureux parce que j’ai décidé de l’être aujourd’hui et non pas demain. Être vrai signifie, être pleinement authentique: J’adore les femmes, la nature, les produits de beauté, le cinéma etc. Je déteste les films de violence, les préjugés, le racisme etc. Ce que j’aime ou déteste fait de moi qui je suis. Combien d’entre vous n’osent pas exprimer ce qu’ils ou elles aiment ou n’aiment pas de peur de déplaire aux autres? 

Accepter d’être qui l’on est consiste à franchir les premiers pas de la beauté véritable. Une beauté qui ne sera ni superficielle, ni éphémère. Une beauté qui saura traverser les âges, les époques, le temps et qui durera éternellement.

Qu’y-a-t-il de « beau » chez mon physique et quelles sont les parties de mon corps qui méritent de si attarder?  Une chose est sûre: L’acceptation totale de mes prothèses par mon corps est une composante essentielle de cette « beauté ». Sans ces prothèses, il m’est impossible d’aller vers l’autre. Toutefois, cet « autre » est souvent étonné d’apprendre que j’en porte pour mes déplacements tellement mes pas sont faits avec aisance. J’avoue que la pratique du karaté pendant plusieurs années m’ont beaucoup aidé à harmoniser mes gestes et à améliorer mon équilibre. À vrai dire, cela a été plus que bénéfique!

Je me rappellerai toujours des séances d’entraînement auxquelles j’assistais en compagnie de gens formidables. Des séances suivies de manière presque religieuse et où j’appris à apprivoiser ce corps avec entrain et, surtout, à l’amener à se surpasser. C’est aussi durant cette période de ma vie où j’ai noué de profondes amitiés. Des amitiés qui se poursuivent via le réseau social Facebook. Par exemple, j’ai pu  assister au dernier championnat de l’Est du Canada en tant que bénévole. C’est toujours un plaisir de revoir les anciens du style Yoseikan avec qui je m’entrainais et de voir toute la relève qui suit nos pas.

Le karaté m’a appris à me trouver « beau » comme je suis et à accepter mes limites afin de pouvoir adapter ma situation face à de nouvelles positions de combat. Oui, mon corps est beau car il a des yeux flamboyants qui, selon plusieurs personnes, sont extraordinaires. Je pense notamment à l’artiste-peintre pour qui j’ai été modèle nu qui m’avait confirmé que mes yeux sont magnifiques. Oui, mon corps est beau par la douceur de ma peau. Une peau saine et en santé. C’est un fait! Vivre sans tabac, ni alcool et exempte de toute consommation de substances illicites aide grandement à maintenir une santé impeccable. Ne dit-on pas « un esprit saint dans un corps sain »? Oui, j’ai des moignons à la place des mains. Toutefois, ils ont une douceur, une forme et une utilité peu commune. Bien des femmes ont été étonnées par la dextérité avec laquelle je les utilise. Je pense, entre autre, par la qualité de mes massages corporels. J’ignore pourquoi, mais il semblerait que mes massages sont bien meilleurs que ceux faits par des hommes qui ont leurs mains.  Oui, mon corps est « beau » car j’en prends un soin jaloux. Vous pouvez à peine vous imaginer tous les produits de beauté masculins que j’utilise. D’ailleurs, une gentille préposée dans les produits cosmétiques me recommande des articles de renom. Je pourrais continuer d’en ajouter.

Enfin, qu’est-ce qui m’amène à me trouver « beau » et que les « autres » me trouvent également « beau »? Je réponds à cela qu’en premier lieu, je m’accepte comme je suis. «Accepte-toi tel que tu es pour que les autres en fassent autant». Voilà une vérité que l’on sans cesse méditer. Plus facile à dire qu’à faire?! C’est vrai. Mais, « impossible n’est pas français ». Oui, bien des gens me regardent lorsque je déambule sur les trottoirs. Et puis? Devrais-je me cacher?! Pas du tout. Je suis là et j’espère être de ce monde encore très longtemps. C’est çà s’accepter tel que l’on est et surtout ne pas craindre le regard des autres. C’est aussi accepter le fait qu’ils se questionnent et qu’ils nous interrogent. De mon côté, je leur réponds dans la majorité des cas. Si je refuse, c’est parce qu’il y a eu un manque de respect à mon égard dans la formulation de leurs questions ou dans leurs attitudes.

En général, les gens savent bien se comporter à mon égard tout comme je le fais envers eux. Nous vivons en société dans laquelle il faut s’attendre de voir un peu de tout. Qui plus est! Nous ne pouvons pas plaire à tout le monde comme il est rare que tout puisse nous plaire. N’est-ce pas?!

En second lieu, je me trouve beau pour la raison suivante: Tout simplement par ce que j’ai décidé qu’il en soit ainsi. J’ai, tout comme vous, le choix de me lever chaque jour et de décider d’être ce que je suis et de continuer d’avancer vers le chemin du bonheur. Un petit bonheur à se construire au quotidien, à découvrir étape par étape et, surtout, accepter que cela ne se retrouve pas dans le fond d’une bouteille ou dans un flacon de comprimés. Ce petit bonheur se retrouve dans soi. 

En dernier lieu, ma beauté est pour moi ce qui me permet aussi de vous trouver beaux.  Avez-vous remarqué que l’on attire vers soi ceux et celles avec qui l’on a les mêmes affinités? Si nous nous trouvons beaux tels que nous sommes, il nous sera d’autant plus facile d’en faire autant envers les gens de notre entourage. Alors! Qu’attendez-vous pour trouver cette beauté qui vous rend si unique, si précieux, si extraordinaire?

Je vous souhaite de le découvrir à votre tour.

Votre humble serviteur!

Rolland St-Gelais 

4 réflexions au sujet de « Oui, je suis beau. Une beauté différente, mais combien précieuse. »

    Sylvie a dit:
    15 juin 2012 à 00:30

    T’as tout à fait raison Rolland! Moi, tout ma vie je me suis battue contre mon corps, avec son poids. Encore aujourd’hui, je le regarde et ne l’aime pas. Je suis rendue à 48 ans, je devrais commencer à l’apprécier pour ce qu’il m’apporte! Tu es source de courage mon bel ami et un exemple pour nous tous! Merci d’être là, tout simplement!

      rollandstgelais a dit:
      15 juin 2012 à 00:33

      Merci beaucoup pour ton commentaire. C’est très apprécié. xoxox

    Luinda Mc Clure a dit:
    17 juin 2012 à 12:04

    Son corps il faut l’aimer comme il est que tu sois beau différent le principal c’est que toi tu t’aimes, les autres c’est sans importance, il y en a que des corps y devrait pas en avoir car ils ne savent même pas s’en servir, comme dit Sylvie Rolland est un bien bel exemple de courage, bravo Rolland tu es une bonne source d’inspiration.

      rollandstgelais a dit:
      17 juin 2012 à 12:31

      Merci beaucoup ma chère Linda pour ton commentaire. C’est très apprécié. Et, comme tu l’as si bien écrit  » il y en a que des corps y devrait pas en avoir car ils ne savent même pas s’en servir. » Pensons aux personnes qui brisent leurs corps par les drogues, l’alcool et autres produits néfastes pour la santé. Oui, le corps est le plus important et on doit le respecter au maximum car il est le véhicule de nos âmes. Ne dit-on pas un esprit sain dans un corps sain?!😉

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