Et, si j’étais…

Publié le Mis à jour le

Et, si j’étais…

Bien le bonjour chers lecteurs et chères lectrices!

J’espère que tout se passe bien dans vos vies et que vos projets pour la saison estivale pourront se réaliser. Pour ma part, je file le parfait bonheur avec ma belle minette Plume et je me prépare tranquillement à faire une visite surprise à mon père dans sa ville natale. Et oui, j’ai décidé d’aller lui dire un petit bonjour pendant qu’il est encore avec moi. « Le temps passe vite. La mort arrive subitement! » dit si bien le dicton. Alors, aussi bien lui faire cette surprise. N’est-ce pas?!

Aujourd’hui, je désire vous entretenir d’un sujet assez inusité. En effet, plusieurs personnes m’ont jadis demandé si il m’arrivait parfois de penser à ce que ma vie aurait pu être si j’étais né non-handicapé. Je répond à cette question par ce simple constat: Nous avons tous et toutes un handicap quelconque à surmonter. Certains sont plus apparants que d’autres. Plusieurs ont des handicaps moteurs. Certains véhiculent un bagage de vie des plus lourds tels que abus de toutes sortes. D’autres encore sont atteints de limites psychologiques ou bien ils sont atteints de troubles mentaux. La liste peut s’allonger presque indéfiniment.

Néanmoins, il m’est apparu intéressant de résoudre cette question: Que serait ma vie si ma mère n’avait pas absorbé les quelques comprimés de Thalidomide durant sa grossesse? Dans quelles conditions aurais-je vécu et quel aurait été mon destin? Oui, je l’avoue. Nous sommes maîtres, du moins dans une certaine mesure, de nos destins. Mais, ces derniers sont aussi tributaires des milieux dans lesquels nous évoluons. Bref, que serais-je devenu n’eut été ma naissance en tant que victime de la Thalidomide?

J’ai donc créé deux personnages fictifs afin de démontrer que ma vie aurait pu être sur deux routes totalement différentes. Deux routes qui d’une part, peuvent démontrer l’absurdité de la vie et d’autre part, prouver que parfois il faut savoir apprécier qui nous sommes car nos vies auraient pu prendre des chemins inattendus, et parfois, peu enviables.

Je le répète: Il s’agit-là de deux personnages fictifs. Par conséquent, il faut retenir que l’on doit prendre le présent texte avec un grain de sel. À vrai dire, la seule chose qui aurait pu réellement m’arriver, c’est que je ne porterais pas mon prénom actuel puisque les religieuses de l’hôpital pour déficients mentaux, dans lesquels les médecins décidèrent de m’expédier pour y finir ma vie, m’avait baptisé du prénom de l’un de leurs pensionnaires qui avait, le hasard fait parfois bien les choses, le même prénom que mon père.

Ce qui m’amène  à vous présenter lesdits personnages fictifs: André et Serge (matricule 2210578).

Le bon André!

André est né le 24 mai à l’hôpital de la compagnie Iron Ore située à Sept-Îles. Fils cadet d’une famille de cinq, il a été élevé comme ses frères et sa soeur unique sans différence majeure. Ils grandirent dans une maison modeste située sur la deuxième rue à Sept-Îles. André a fréquenté école primaire et secondaire ainsi que le collégial. Il prit pour épouse une jeune et jolie dame avec laquelle il a eu trois enfants. Ils vécurent heureux et sans histoire, ou du moins, pas des plus particulière. Il a fréquenté les membres de sa famille qui ont tous vécus très vieux. Il n’a pratiquement jamais fait de long voyage, ni accompli d’exploits formidables. Bref, une vie des plus normales, voire des plus ennuyantes, mais une vie tout de même heureuse.

Serge: Matricule 2210578

Serge est né le 24 mai  à l’hôpital de la compagnie Iron Ore située à Sept-Îles. Fils cadet d’une famille de cinq, il a été élevé comme ses frères et sa soeur unique sans de différence majeure. Ils grandirent dans une maison modeste située sur la deuxième rue à Sept-Îles. Serge a fréquenté l’école primaire et secondaire. Or, il fit la connaissance d’élèves peu recommandables qui eurent sur lui une influence néfaste: consommation et trafic de substances illicites, extorsion, voies de faits. Il fit de la prison à maintes reprises. Il rencontra une junkie avec qui il a eu deux enfants. Ces derniers leur ont été enlevés par les services sociaux pendant que la mère est allé se prostituer et que Serge est retourné pour une énième fois en tôle, mais cette fois-ci, pour homicide. Il est vrai. Sa vie est loin d’être ennuyante, mais elle est aussi peu enviable. Il n’y a pas beaucoup de personnes qui accepteraient de suivre ses pas. N’est-ce pas?!

Simplement moi!

Personnellement, je n’envie ni André, ni Serge. Mais, pas pour les mêmes raisons. Les quelques comprimés de la Thadomide que ma mère a pris durant sa grossesse a certes influencé le parcours de ma vie et de ceux des membres de ma famille. C’est une réalité avec laquelle j’ai été obligé de composer et, très souvent, de surpasser. Mais, croyez-moi, cela en valait le coup. Ma vie n’a pas non plus été des plus reposantes: multiples opérations, hospitalisations fréquentes, regards souvent inquisiteurs, assassinat de mon défunt frère en 1972 etc.

Toutes ces expériences m’ont tout de même permis de faire la rencontre de gens extraordinaires, d’avoir des amis-es formidables et d’être ouvert à la beauté de la vie la plus infime qu’elle puisse être. En ce qui concerne les gens extraordinaires, je me rappelle des illustres docteurs Gustave Gingras et Maurice Mongeau, de René C., l’ami de mon défunt frère, qui par un amour fraternel m’avait pris sous son aîle et m’inculqua la passion de la lecture et de la connaissance. Il y a aussi mes amis-es d’enfance et d’adolescence sans oublier les membres de ma famille ainsi que les nombreuses activités auxquelles j’ai participées avec entrain.

Bien entendu,  mes années universitaires ont été dans l’ensemble très positives en y incluant mon entraînement de karaté où j’ai développé de belles amitiés. Je suis resté célibataire quoique j’aurais pu moi aussi fonder une famille. Mais, au risque de passer pour un macho, j’adore ma liberté et, je l’avoue, j’adore les femmes. D’ailleurs, je n’ai rien à envier à qui que ce soit sur ce plan. Soyez convaincus-es d’une chose: J’ai toujours été d’une fidélité absolue en amour. Je pourrais en ajouter encore, mais je n’en ai pas l’intention. Ce que l’on doit retenir ici, c’est que la vie a été  jusqu’à maintenant bonne pour moi, et ce, malgré les apparences. 

Que serait ma vie si ma mère n’avait pas absorbé les quelques comprimés de Thalidomide durant sa grossesse? Nous, c’est-à-dire vous et moi, l’ignorons totalement. Par contre, avoir le choix de vivre l’existence fictive d’André ou de Serge (matricule  2210578), je ne voudrais ni de l’un ni de l’autre. Savez-vous pourquoi? C’est tout simplement par ce que je suis … heureux.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s